cours de comptabilité bancaire






COURS DE COMPTABILITE BANCAIRE


COMPTABILITE BANCAIRE

 

 

PLAN DU COURS

 

 

=°=°=°=°=°=°=

Section 1  : Les caractéristiques du secteur bancaire

 

  1. I.                   Définition de l’activité bancaire

 

  1. II.                La Réglementation applicable aux banques etablissements financiers

 

2.1.            La loi bancaire : domaine d’application

2.2.            Les autorités bancaires de l’UMOA

2.2.1        La Banque Centrale

2.2.2        La Commission Bancaire

2.3        Les conditions d’exercice de la profession

 

SECTION 2 : LA COMPTABILISATION DES OPERATIONS BANCAIRES

 

      I.               CADRE GENERAL

 

1.1                Les comptes du bilan

1.2                Les comptes du hors bilan

1.3                Les comptes du résultat

 

  1. II.                      LA COMPTABILISATION DES OPERATIONS DE BANQUE

 

2.1         Les opérations de clientèle

2.2         L’enregistrement des opérations en devises

2.3         La comptabilisation et le provisionnement des engagements en

             souffrance

 

 

 

 

 

 

Section 1 : Les caractéristiques du secteur bancaire

 

I)         Définition de l’activité bancaire

 

ÞBanques : entreprises faisant profession habituelle de jouer un rôle d’intermédiaire en matière financière.

 

ÞManifestation de l’intermédiation de deux (2) manières :

 

-                     dans l’espace : transfert de moyens de paiement d’une place commerciale à une autre : fonction transfert.

 

-                      dans le temps : – fourniture aux clients des moyens de financement dont ils

sont momentanément dépourvus (fonction crédit)

- ou possibilité de faire fructifier leur trésorerie excédentaire

en acceptant et en rémunérant les dépôts confiés par les

clients (fonction dépôt).

 

II)        La réglementation applicable aux banques et établissements financiers

 

2.1.      La loi  bancaire : domaine d’application

 

Principe : loi cadre portant réglementation bancaire obligatoirement appliquée aux banques et établissements financiers exerçant leur activité dans les Etats Membres de l’UMOA.

 

Condition d’application : promulgation par le biais d’une loi ou d’une ordonnance par chaque Etat Membre.

 

Liste des lois bancaires dans les pays de l’UMOA :

 

-                     Sénégal : loi N° 90.06 du 26 Juin 1990,

-                     Burkina Faso : ZATU N° ANVII 0042/FP/PRES du 12 Juillet 1990,

-                     Côte d’Ivoire : loi N° 90-589 du 25 Juillet 1990,

-                     Bénin : loi N° 90-018 du 27 Juillet 1990,

-                     Niger : loi N° 90-18 du 6 Août 1990,

-                     Mali : loi 90-74/AN-RM du 4 Septembre 1990,

-                     Togo : loi 90-17 du 5 Novembre 1990,

-                     Guinée Bissau : ND

 

 

 

 

 

 

2.2.            Les autorités bancaires de l’UEMOA

 

2.2.1.      La Banque Centrale

 

Forme juridique (article 1 des statuts) : BCEAO établissement public international constitué entre les Etats Membres de l’UEMOA.

(Pour mémoire le traité de l’Union a été signé le 12 Mai 1962 et révisé le 14 Novembre 1973).

 

Derniers pays ayant adhéré : Mali (1984) et Guinée Bissau (1997).

 

Immunités et privilèges de la BCEAO : les mêmes que ceux reconnus aux missions diplomatiques (sur le territoire de tous les Etats de l’Union).

 

Missions de la BCEAO :

 

®                  Emission des signes monétaires : billets et monnaies.

 

®                  Régulation de la liquidité bancaire :

 

Mécanismes : – escompte, vente ou prise de pension des créances sur les

Etats de l’Union, les entreprises et les particuliers,

-fixation des modalités et des montants de crédits à moyen terme susceptibles d’être consentis par les établissements de crédit à leur clientèle : agissement sur les taux et les modalités de refinancement de ces établissements de crédit.

 

®                  Agent financier des Etats Membres :

 

-           rôle d’intermédiation entre Etats et Institutions financières internationales (FMI pour les concours accordés aux Etats),

-           ouverture de comptes courants aux Trésors Publics et octroi d’avances (découverts des comptes courants – limite 20% recettes fiscales).

Remarque : la décision de supprimer cette avance a été prise par le Conseil des Ministres avec effet au 31/01/2003.

®                  Banque des banques : – réception de dépôts volontaires (réserves libres)

ou contraintes (réserves obligatoires),

-octroi de crédits (mécanisme refinancement),

- surveillance des opérations  bancaires

- ouverture de comptes courants (compensations

bancaires, transferts …)

 

 

 

 

 

Organisation : – Gouverneur et deux vice-Gouverneurs nommés par Conseil des

Ministres UEMOA

- Gouverneur : Président du Conseil d’administration

- Secrétaire général, Contrôleur Général et Directeurs de Départements

- Directeurs nationaux dans chaque Etat Membre nommés par

Ministre Finance de chaque pays

- Contrôle des comptes : commissaire-contrôleur (siège) et contrôleurs

Nationaux dans chaque agence

 

2.2.2.      La Commission Bancaire (CB)

 

Þ Organisme crée par les Etats Membres de l’UMOA par une convention en date du 24 Avril 1990.

Se substitue à compter de cette date aux anciennes Commissions Nationales de contrôle des banques et établissements financiers.

 

Þ Composition :

 

-           Gouverneur de la BCEAO (Président)

-           Représentant de chaque Etat Membre (en principe Directeur du Trésor Public)

-           Huit (8) membres nommés par le Conseil des Ministres de l’Union, choisis en raison de leur compétence, essentiellement en matière bancaire, sur proposition du Gouverneur de la BCEAO.

 

ÞOrganisation : Secrétariat : siège (Abidjan), Direction : Secrétaire Général assisté d’un Secrétaire Général Adjoint, tous deux nommés par le Gouverneur parmi le personnel de la BCEAO.

 

Þ Mission : veiller notamment à l’organisation et au contrôle des banques et établissements financiers.

 

Þ Attributions :

 

  1. Avis indispensable à l’agrément de toute nouvelle banque ou de tout nouvel établissement financier

 

  1. Contrôle sur pièces et sur place auprès des banques et établissements financiers de l’Union : s’assurer du respect des dispositions qui leur sont applicables

 

Pouvoirs : sanctions disciplinaires : avertissement jusqu’à la sanction suprême de retrait d’agrément d’une banque

 

  1. Approbation préalable des commissaires aux comptes (CAC) désignés pour procéder à l’audit des banques et établissements financiers.

 

Remarque : secret professionnel CAC non opposable à la CB.

 

  1. Possibilité de proposer au Ministre des Finances de chaque Etat Membre la nomination d’un administrateur provisoire ou d’un liquidateur d’une banque ou d’un établissement financier en difficulté.

 

2.3.            Les conditions d’exercice de la profession       

 

2.3.1.      L’obtention d’un agrément   

 

Þ        Dispositions Article 7 loi bancaire :

 

‘’Nul ne peut, sans avoir été préalablement agrée et inscrit sur la liste des banques, exercer une activité bancaire, ni se prévaloir de la qualité de banquier dans sa dénomination ou sa raison sociale’’.

 

Þ        Procédure d’agrément :

 

¨Demande d’agrément adressée au Ministre des Finances de l’Etat Membre et déposée auprès de la BCEAO qui l’instruit.

 

¨BCEAO examine notamment : l’identité des personnes physiques ou morales futures dirigeantes, le programme d’activités et les moyens techniques et financiers des demandeurs.

 

¨Banques agréées doivent dans le mois qui suit leur inscription sur la liste des banques adhérer à l’association professionnelle des banques et établissements financiers.

 

 

 

2.3.2.      La forme juridique

 

Article 20 loi bancaire :

 

Exigence générale : constitution des banques sous forme de sociétés,

 

Conséquence : autres formes juridiques exceptionnellement autorisées.

 

Exigence Particulière : forme société anonyme à capital fixe,

 

Conséquence : sociétés coopératives ou mutualistes à capital variable exceptionnellement autorisées par Ministre des Finances de l’Etat Membre après avis conforme de la CB.

 

2.3.3.   Le capital social

 

Selon Nouveau Dispositif Prudentiel :

-           Capital social minimum banques UEMOA un (1) Milliard de FCFA,

-           Capital social minimum établissements financiers 300 Millions FCFA.

 

2.3.4.      La Réserve Spéciale

 

Exigence Article 27 loi bancaire : constitution par les banques et les établissements financiers d’une réserve spéciale, incluant toute réserve légale éventuellement exigée par les lois et règlements en vigueur.

 

Alimentation de la réserve : prélèvement annuel sur les bénéfices nets réalisés, après imputation d’un éventuel report à nouveau déficitaire.

 

Taux (dispositif prudentiel) :  15%.

 

Remarque : pas de limitation du montant de la dotation par rapport au capital social de la banque ou de l’établissement financier.

 

2.3.5.   La réglementation comptable

 

Exigences Article 39 loi bancaire :

 

-          Elaboration et présentation par banques et établissements financiers de

comptes conformément aux dispositions comptables et autres règles définies

par la Banque Centrale dans le document intitulé « Recueil des instructions relatives à la comptabilisation et à l’évaluation des opérations bancaires ».

 

 

 

-           Avant le 30 Juin de chaque année, communiquer à la BCEAO et à la Commission Bancaire leurs comptes annuels dans les délais et les conditions prescrits par la Banque Centrale.

 

-           Certification régulière et sincère des comptes par un ou plusieurs commissaires aux comptes.

 

-           Communication à la BCEAO de divers états et situations comptables selon une périodicité et des conditions définies par elle.

 

2.3.6.      Le Nouveau Dispositif Prudentiel applicable aux banques et établissements financiers de l’UMOA.

 

Définition par le Conseil des Ministres de l’UEMOA à compter du 1er Janvier 2000 de nouvelles règles prudentielles applicables aux banques et établissements financiers.

 

Contenu des règles :

-           les conditions d’exercice de la profession telles que définies ci-avant ;

-           la réglementation des opérations effectuées par les banques et établissements financiers.

 

Objet de la réglementation :

 

-           limitation du montant de la participation pouvant être détenue par une banque ou un établissement financier dans une entreprise autre qu’une banque, (limite fixée à 25% du capital de l’entreprise).

 

-                      limitation du montant des prêts pouvant être accordés aux principaux actionnaires, aux dirigeants et au personnel de la banque (limite fixée à 20% des fonds propres effectifs de la banque).

 

-           les normes de gestion que les banques et établissements financiers doivent respecter en vue notamment de garantir leur liquidité, leur solvabilité, la division de  leurs risques et l’équilibre de leur structure financière.

 

Remarque : fixation par le dispositif de toute une série de ratios et de taux que les banques et les établissements financiers sont tenus de respecter.


 

Section 2     :           La comptabilisation des opérations bancaires

 

I)         Cadre général

 

Remarque préliminaire : émission par la BCEAO d’une liste d’instructions relatives au traitement de certaines opérations particulières :

 

‘’Recueil des instructions relatives à la comptabilisation et à l’évaluation des opérations bancaires’’.

 

Principales opérations bancaires traitées :

 

-    enregistrement comptable des opérations en devises,

-    comptabilisation et provisionnement des engagements en souffrance,

-    enregistrement des opérations de crédit bail.

 

Principe : Les banques, malgré leurs spécificités d’activités, enregistrent leurs

opérations et arrêtent leurs comptes conformément aux principes et méthodes comptables de droit commun.

 

Conséquence : le bilan d’une banque ne devrait pas différer de celui d’une entreprise commerciale,

Motif : dans les deux cas, il s‘agit d’un état patrimonial des créances et des dettes à un moment donné du temps.

 

Exception : les spécificités d’activité des banques engendrent des particularités dans le format du Bilan, du Compte de Résultat et du Hors Bilan.

 

1.1.            Les comptes du bilan

 

Remarque préliminaire

 

Þ Structure bilan bancaire : inverse de celle d’un bilan d’entreprise :

(liquidité et exigibilité à peu près décroissantes, immobilisations et capitaux propres au bas du bilan).

 

Þ Particularité expliquée par la faible importance numérique de l’actif immobilisé par comparaison avec les opérations de trésorerie et avec la clientèle.

 

Þ Postes Actif bilan bancaire : classes 1 à 4 du PCB de l’UEMOA,

Postes Passif : classes 1, 2, 3 et 5 du PCB.

 

Remarque : classes 1, 2 et 3 communes à l’actif et au passif du bilan.

 

 

 

 

 

Classe 1         :           Compte de Trésorerie et d’opérations interbancaires

 

Contenu :

 

-           valeurs en caisse (espèces),

-           avoirs à vue détenus auprès des Etablissements de crédit,

-           dettes à vue (sommes gérées pour le compte de ces Etablissements de crédit),

-           opérations de prêts et d’emprunts effectuées avec les Etablissements de crédit.

 

Classe 2         :           Comptes d’opérations avec la clientèle

 

Contenu :

 

-           Actif : ensemble des crédits distribués à la clientèle

-           Passif : ensemble des dépôts effectués par cette clientèle.

 

NB : Affacturage : créances acquises dans le cadre d’un contrat d’affacturage,

Comptes d’affacturage : -      disponibles : montants payés à l’adhérent sans attendre l’échéance des créances,

-      indisponibles : factures indisponibles jusqu’au jour de l’échéance conventionnellement prévue.

 

Classe 3         :           Comptes d’opérations sur titres et d’opérations diverses

 

Contenu :

 

-           opérations sur titres de placement,

-           comptes de règlement afférents aux titres (comptes d’attente retraçant exclusivement le règlement d’opérations sur titres, les dettes représentées par un titre (obligations et billets d’affacturage),

-           débiteurs et créditeurs divers (clientèle et établissements de crédit exclus),

-           comptes de régularisation (charges à répartir, charges et produits constatés d’avance, produits à recevoir et charges à payer),

-           comptes transitoires et d’attente (différences de conversion de change, comptes de réévaluation des opérations de change, comptes d’opérations sur crédit consortiaux…).

 

Classe 4         :           Comptes de valeurs immobilisées

 

Contenu :

 

immobilisations de la Banque : immobilisations financières, dépôts et cautionnements versés, immobilisations d’exploitation et hors exploitation, opérations de crédit-bail, de location avec option d’achat et de location vente.

 

 

Classe 5         :           Comptes de provisions, fonds propres et assimilés

 

Contenu :

 

Fonds investis dans la banque de façon durable ou permanente : Capital, Réserves, Report à Nouveau, Résultat, Subventions et Fonds assimilés*(fonds de garantie et fonds d’assurances), provisions pour risques bancaires généraux, provisions pour risques et charges et provisions réglementées.

 

* Fonds non remboursables destinés à couvrir le mauvais dénouement de crédits à des secteurs ou à des catégories d’agents économiques spécifiques.

 

1.2.      Les comptes du Hors Bilan

 

Contenu : · ensemble de comptes annexés au bilan et qui retracent les engagements

futurs ou virtuels d’une banque, ne donnant pas lieu à un flux de     trésorerie,

 

  • · comptes regroupés en classe 9 et recensés  en fonction de leur nature :

 

- Engagements de financement donnés en faveur des établissements de crédit ou de la clientèle et reçus des établissements de crédit

 

- Engagements de garantie : cautions, avals, et autres garanties donnés en faveur des établissements de crédit ou de la clientèle et reçus d’eux

 

- Engagements sur titres : suite aux interventions de la banque sur le marché des titres

 

- Engagements sur opérations en devises : opérations d’achat et de vente de devises dont les parties ne diffèrent le dénouement qu’en raison des délais d’usance (en général deux jours) : opérations au comptant par opposition aux opérations de change à terme.

Autres Engagements sur devises : opérations de prêts ou d ‘emprunts en       devises

 

- Opérations effectuées pour le compte de tiers : valeurs reçues à l’encaissement de la clientèle ou des correspondants bancaires, engagements consortiaux de garantie ou de financement.

 

1.3        Le compte de Résultat

 

Principe : Contenu  identique à celui d’une entreprise commerciale : classes 6 et 7

 

Particularité : Le PCB regroupe les produits et les charges en 3 catégories :

 

-           les produits et les charges d’exploitation bancaire : produits et charges issus de l’activité d’intermédiaire financier et de prestataire de service des établissements de  crédit (intérêts et commissions versés ou encaissés par la banque),

 

-           les produits et les charges généraux d’exploitation : produits et charges ordinaires, opérations de ventes, produits divers d’exploitation (redevances de brevets et de licences, revenus d’immeubles hors exploitation), frais généraux (charges courantes et dotations aux amortissements et aux provisions),

 

-           les produits et les charges exceptionnels qui ne relèvent pas de l’activité courante de la banque :

-           pénalités et amendes fiscales et pénales

-           charges de restructuration

-           pénalités et libéralités perçues

-           subventions d’équilibre et quote-part subvention d’investissement virée au résultat de l’exercice.

 

  1. II.                La comptabilisation des opérations de banque

 

2.1.      Les opérations de clientèle

 

2.1.1.   Les dépôts de la clientèle

 

2.1.1.1. Les dépôts en comptes ordinaires

 

Première opération comptable concernant un nouveau client se présentant à la Banque pour ouvrir un compte bancaire ? :

 

remise d’espèces ou de chèques pour approvisionner son nouveau compte.

 

*          Ecritures comptables de la banque

 

Dt 10   Caisse ou chèques à recouvrer

 

Cr 251   Comptes ordinaires de la clientèle

ou 15   Comptes ordinaires des Etablissements de crédit.

 

2.1.1.2. Les dépôts en comptes à terme

 

Principe : possibilité pour les clients des banques de bloquer des fonds dans un compte à terme (DAT-Dépôts à Terme)

 

Conditions de fonctionnement : blocage pendant une certaine durée avec un montant minimal fixé par la banque.

 

Rémunérations : intérêts versés par la Banque à l’échéance sur la base d’un taux normalement supérieur au taux servi sur les autres comptes créditeurs de la clientèle.

 

Cas demande de remboursement anticipé : le contrat prévoit normalement une minoration des intérêts et le paiement de pénalités par le client.

 

*          Ecritures comptables de la banque

 

A l’ouverture du compte DAT :

 

Dt 251 ou 15  Comptes ordinaires clientèle ou Etablissements Crédit

 

Cr  252 ou 161  Dépôts à terme reçus de la clientèle ou des établissements de crédit.

 

A l’échéance :

 

Le compte ordinaire du client est crédité systématiquement :

 

Dt 252 ou 161  Dépôts à terme reçus de la clientèle ou des établissements de crédit.

Dt  60… charges d’exploitation bancaire (intérêt servis)

 

Cr  251 ou 15  Comptes ordinaires clientèle ou Etablissements crédit (capital + intérêts)

 

2.1.1.3              Les provisions pour chèques certifiés

 

Origine : pour une opération spécifique, un client peut demander à sa banque de certifier un chèque qu’il lui présente par une mention appropriée.

 

Objectif de l’opération : assurer le bénéficiaire que la provision restera disponible dans le compte au moment de la présentation et du paiement du chèque.

 

Modalités : la banque bloque immédiatement la provision au profit du porteur du chèque jusqu’au terme du délai légal de présentation (8j).

 

Ecritures comptables

 

Réception par la banque du chèque à certifier

 

Dt  2511  Compte ordinaire clientèle

 

Cr  2722  Autres sommes dues à la clientèle – provisions pour chèques certifiés.

Cr  70…  Produits d’exploitation bancaire (commissions de service)

 

 

 

 

Présentation du chèque par le bénéficiaire à la banque

 

Dt  2722  Autres sommes dues à la clientèle – provisions pour chèques certifiés.

 

Cr  2512 ou 15  Comptes du bénéficiaire ou de sa banque

 

Expiration du délai légal

 

-           le chèque certifié retrouve le caractère de  chèque ordinaire (délai validité

3 ans)

-           la banque transfère alors la provision au compte du client.

 

2.1.2 Les opérations de crédit

 

2.1.2.1. Les différentes phases d’une opération de crédit     

 

Les opérations de crédit suivent généralement 3 phases bancaires avec des incidences comptables directes.

 

1ère phase :    Ouverture du crédit confirmé par la banque

 

(Hypothèse : la banque a donné son accord  ferme et irrévocable mais n’a pas versé au client la totalité des fonds. Les décaissements se feront donc au fur et à mesure des besoins du client).

 

Ecritures comptables

 

Journalisation de l’engagement irrévocable en hors–bilan.

 

Dt  9011 ou 9031 Engagements de financement donnés faveur clientèle ou

Etablissement Crédit

 

Cr  9012 ou 9032 Contrepartie Engagements de financement donnés.

 

2ème phase :   Utilisation du crédit par le client

 

A chaque décision de décaissement :

la banque crédite le client.

 

Ecritures comptables

 

Dt  2022  Crédits à la clientèle

 

Cr  251    Comptes ordinaires de la clientèle

 

Simultanément :

la banque extourne l’écriture du Hors bilan pour le même montant.

 

Conséquence : à tout moment, le total du crédit accordé au client doit être justifié rigoureusement par le montant porté au compte « crédits à la clientèle » à l’actif du bilan, et par le montant subsistant en Hors Bilan, correspondant à la partie du crédit non encore utilisé.

 

Remarque : si l’utilisation du crédit intervient immédiatement après son ouverture et pour son montant total, il n’y a pas lieu de journaliser l ‘engagement en Hors Bilan pour l’extourner le même jour complètement.

 

3ème phase : Amortissement du crédit

 

Conformément aux conditions contractuelles fixées à l’origine avec le client, à chaque échéance, la banque passe l’écriture :

 

Dt   251  Comptes ordinaires clientèle

 

Cr 2022  Crédits à la clientèle (amortissement du capital)

Cr  332   Créditeurs divers (primes d’assurance à reverser à la compagnie)

Cr   70..  Produits d’exploitation bancaire (intérêts perçus)

 

2.1.2.2. Le traitement des crédits consortiaux

 

Mécanisme : plusieurs banques se regroupent pour réaliser une opération de crédit en faveur d’un même client, entreprise, collectivité publique, banque étrangère, en partageant la trésorerie, le risque et les produits : opérations en « pool bancaire ».

 

Règles de comptabilisation

 

Principe : quelle que soit la position des banques (chef de file, participant ou sous-participant), chacune d’elle enregistre la quote-part de financement qu’elle a réalisée, soit parmi les créances sur les établissements de crédit, soit parmi les créances sur la clientèle, selon la qualité de l’emprunteur.

 

Ecritures comptable :

 

Débit 2022 Crédits à la clientèle ou 1331 Prêts à terme

Crédit 251 Comptes ordinaires clientèle ou 1541 Banques et Corresp.

 

L’établissement chef de file doit en outre suivre en hors bilan la quote-part de chaque participant.

 

Débit  9651 Crédits consortiaux

Crédit 9652 Part Chef de file

Crédit 9653 Parts des co-participants

 

 

La pratique : la banque « chef de  file »  décaisse souvent au bénéfice du client–emprunteur, pour l’ensemble des banques du pool et débite les banques participantes de leur part.

 

Débit 1331 Prêts à terme

Débit 2022 Crédits à la clientèle

Crédit 251 Comptes ordinaires clientèle

 

Les produits bancaires sont répartis entre les banques participantes conformément au contrat relatif à l’opération.

 

Les engagements par signature (cautions et avals) peuvent également être réalisés sous forme consortiale, chaque banque n’enregistrant que sa part de garantie en hors bilan.

 

2.1.2.3 Les cautions et autres garanties données

 

Constat : cautions bancaires = crédits de trésorerie

 

Motif : elles facilitent la trésorerie du client en lui permettant d’éviter ou de différer un décaissement ou bien d’accélérer une rentrée de fonds

 

Nature : engagements ou crédits par signature.

 

Ex : Caution sur l’exécution d’un marché (avance de démarrage), caution de bonne fin, garantie de remboursement de crédits distribués…

 

Journalisation des opérations en hors bilan

 

Dt 9111  Engagement de garantie d’ordre Etabliss. crédit ou clientèle

 

Cr 9112  Contrepartie engagement de garantie d’ordre établiss. crédit ou clientèle

 

Rémunération de la banque : prélèvement de commissions contractuelles (produits bancaires)

 

Cas : versements effectués par la banque au titre de l’obligation concernée :

 

-           actualisation de l’engagement hors bilan en fonction du risque effectif de la banque,

-           débit comptes clientèle ou Etabliss. Crédit (des montants versés au titre de l’exécution de la caution).

A l’extinction de l’engagement de la banque :

 

Extourne des écritures ci-avant

 

 

2 .1.2.4 Les crédits documentaires à l’importation

 

Mécanisme : 1ère Phase :

Banque Acheteur Sénégalais avise banque fournisseur étranger qu’elle réglera les marchandises expédiées contre

remise des documents représentant ces dernières.

 

Ecritures comptables banque acheteur :

 

Þ Dt  Engagements de financement en faveur clientèle

-crédits documentaires

 

Cr  Compte contrepartie Engag. financ

 

Þ Prélèvement des commissions (produits bancaires)

 

                        2ème Phase :

après vérification des documents reçus, la banque paie le montant correspondant en débitant le compte de

l’importateur et en annulant son engagement hors bilan.

 

2.2      L’enregistrement des opérations en devises

 

Remarque préliminaire : Définition d‘une devise

 

Selon Recueil instructions BCEAO : ‘’toutes les monnaies autres que le Franc CFA émis par la BCEAO et ayant cours légal dans les pays membres de l’UMOA’’.

 

Þ Devise :  – autres monnaies  de la Zone Franc émises par la BCEAC et l’Etat

comorien

- métaux précieux tels que l’or et l’argent détenus sous une forme négociable.

 

Exigence BCEAO : enregistrement par les banques et établissements financiers de leurs opérations  de change au comptant et/ou à terme ainsi que de toutes les autres opérations en devises (prêts, emprunts…) dans des comptes ouverts et libellés dans chacune des devises utilisées.

 

Constat :   - obligation entreprises industrielles et commerciales : tenue comptabilité

en FCFA,

 

- obligation banques et établissements financiers : tenue comptabilité en      FCFA et en devise.

 

 

 

 

Méthodologie adoptée :

 

En cours d’exercice : – enregistrement de la contrepartie des écritures en devises dans

des comptes de ‘’position de change’’ ouverts parmi les comptes de bilan ou de hors bilan et libellés dans chacune des devises utilisées.

 

- enregistrement de la contrepartie des écritures en monnaie       locale (FCFA) associées à des opérations de change, dans les comptes de ‘’contre-valeur de position de change’’ ouverts aussi parmi les comptes de bilan ou de hors bilan et libellés en monnaie locale.

 

A l’arrêté des comptes (fin d’exercice) :

 

Evaluation des éléments d’actif, de passif et de hors bilan libellés en devises ainsi que des comptes de position de change concernés au cours de marché en vigueur à la date d’arrêté ou au cours de marché constaté à la date antérieure la plus proche.

 

Ces cours sont communiqués aux banques quotidiennement par la BCEAO.

 

Résultat des opérations de conversion :

 

Les différences entre d’une part les montants résultant de l’évaluation des comptes de ‘’position de change’’ et d’autre part les montants inscrits dans les comptes de ‘’contre-valeur de position de change’’ sont portées au compte de résultat par le débit ou le crédit des comptes de ‘’contre-valeur de position de change’’.

 

Exceptions :

 

1)         Les différences relatives à des opérations dont le risque de change est supporté par l’Etat ne sont pas portées au compte de résultat mais sont inscrites dans les comptes ‘’d’écart sur devises – 37421 ou 37431’’.

 

2)         Les différences résultant de la conversion d’éléments libellés dans des devises dont les marchés ne présentent pas de liquidité suffisante ne sont pas portées au compte de résultat mais sont inscrites dans les ‘’Autres comptes d’écart     sur devises – 37429 ou 37439’’.

NB : Les différences négatives font cependant l’objet de provisions inscrites à la rubrique ‘’Autres provisions pour risques et charges’’.

 

Remarques : Caractéristique d’un marché non suffisamment liquide :

 

les devises convertibles n’y font pas l’objet d’une cotation (affichage cours acheteur et cours vendeur) au moins quotidienne par les établissements installés dans l’UMOA ou hors de l’UMOA.

 

Exemple pratique :

 

31/12/N :

 

- 7h 30 Ouverture caisses : Banque X détient 10 000 $ USD évalués à 5 850 000 F CFA (cours clôture de la veille 585 F)

 

- Opérations effectuées dans la journée :

 

- Achat de 1 500 $USD à 870 000 FCFA cours 580 FCFA.

- Vente de 700 $ USD à 413 000 FCFA cours 590 FCFA.

 

- Cours de clôture du 31/12/N :  595 FCFA

 

Tableau récapitulatif

 

 
Transactions $ USD Contreval. FCFA
  Solde 30/12/N

10 000

5 850 000

 Journée 31/12/N

+ Achat  1 500

870 000

 - Vente     700

-413 000

 Solde 31/12/N

10 800

     = 6 307 000

Arrêté

 

 

 

Ecritures comptables

 

1)      Achat devises (entrée)

 

1.1)  Comptabilité devises

 

Dt 1011   Encaisse billets USD                                               1 500

 

Cr 3757   Comptes position de change                                             1 500

 

 

 

 

     1.2) Comptabilité FCFA

 

Dt 3758 Cvleur de nos avoirs en devises USD              870 000

 

Ct 1012 Encaisse billets F CFA                                                    870 000

 

2)      Vente devises (sortie)

 

2.1) Comptabilité devises

 

Dt  3757  Comptes position de change                                 700

 

Cr  1011  Encaisse billets USD                                                           700

 

     2.2) Comptabilité FCFA

 

D 1012            Encaisse billets FCFA                                413 000

 

C 3758            Contreval. de nos avoirs en devises USD          413 000

 

A l’inventaire

 

Réévaluation du solde devises USD       10 800 USD X 595 F CFA = 6 426 000 FCFA

 

Résultat de change                         6 426 000 – 6 307 000           =            119 000 FCFA

 

Ecriture Comptable

 

Dt  3758  Contreval. de nos avoirs ou devises              119 000

 

Cr  7061  Gain de change en USD                                                            119 000

 

2.3  La comptabilisation et le provisionnement des engagements en souffrance.

 

2.3.1. Définition préliminaire : Notion d’engagement en souffrance

 

Trois (3) types de créances :

 

-           créances impayées ou immobilisées,

-           créances douteuses ou litigieuses,

-           créances irrécouvrables.

 

Distinction entre ces différents types de créances :

 

¨Créances impayées : échéances impayées depuis 6 mois au plus et n’ayant pas fait l’objet de prorogation de terme ou de renouvellement.

 

¨Créances immobilisées : échéances impayées depuis 6 mois au plus mais dont le remboursement sans être compromis, ne peut être effectué par le débiteur en raison d’obstacles indépendants de sa volonté. Figurent également dans cette catégorie, les créances ayant fait l’objet d’un concordat amiable ou non, dont les termes de règlement sont respectés.

 

¨Créances douteuses ou litigieuses : créances échues ou non, présentant un risque probable ou certain de non recouvrement partiel ou total.

Ex : mauvaise situation financière du client, contestation par le client, faillite…

 

Présomption de créances douteuses

 

Cas des comptes ordinaires débiteurs (comptes courants ou autres) sans aucun mouvement créditeur depuis plus de 3 mois.

 

¨Créances irrécouvrables : créances dont le non recouvrement est estimé certain après épuisement de tous voies et moyens amiables ou judiciaires ou pour toute autre considération pertinente.

Ex : clôture des opérations de liquidation ou jugement défavorable du tribunal.

 

2.3.2        Comptabilisation

 

Le PCB a prévu l’ouverture des comptes suivants :

 

A)        Comptes bilan :

 

Type clients                                                            Comptes

___________________________________________________________________________

 

Etablissement de crédits                           19  Comptes de créances en souffrance

 

Clients non financiers                                29  Comptes de créances en souffrance

 

Opérations de crédit bail                           49 Comptes de créances en souffrance

___________________________________________________________________________

 

 

Sous comptes prévus pour chaque type de client

 

  1. créances impayées ou immobilisées
  2. créances douteuses ou litigieuses
  3. intérêts sur créances douteuses ou litigieuses
  4. provisions sur créances en souffrance

 

 

 

 

B)        Comptes de résultat

 

664      dotations aux provisions sur créances en souffrance

669      Pertes sur créances irrécouvrables

 

2.3.3    Provisionnement des créances

 

Les provisions sur créances en souffrance sont dotées selon les règles suivantes :

 

A) Risques directs ou engagements par signature sur l’Etat et ses démembrements

 

La constitution de provision est facultative

 

B) Risques garantis par l’Etat

 

Principe : recommandation aux banques et établissements financiers, sans obligation de leur part, de constituer progressivement des provisions à hauteur de la créance garantie (capital et intérêts) sur une durée maximale de 5 ans.

 

Condition : aucune inscription correspondant au risque couvert n’est effectuée dans le budget de l’Etat.

 

Conséquence : dès inscription  au budget Þ reprise de la provision.

 

C)        Risques privés non garantis par l’Etat

 

C1) Risques répondant à la définition de créances impayées ou immobilisées

 

Provision facultative

 

C2) Risques répondant à la définition de créances douteuses ou litigieuses

 

C21) Risques privés non couverts par des garanties réelles :

 

Provision 100%

 

C22) Risques assortis de garanties réelles

 

-           Provision facultative au cours des deux premiers exercices

 

-           50% au cours du 3e exercice

 

-           100% le 4e exercice

 

 

 

 

 

C23) Intérêts non réglés et portés au crédit du compte de résultat

 

Provision des intérêts réservés

 

C3) Créances irrécouvrables

 

Inscription en pertes pour l’intégralité de leur montant et reprise des provisions correspondantes.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>