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L’évaluation à la juste valeur une garantie de la transparence de l’information ?

L’évaluation à la juste valeur une garantie de la transparence de l’information ?

Le développement des nouvelles normes comptables est marqué non seulement par une internationalisation croissante de l’activité économique, mais aussi par l’indétermination des contours juridiques des entreprises qui ouvre la voie à des pratiques souvent frauduleuses générées par des capitaux spéculatifs avides de profits à court terme et complètement indifférents à la nature des activités dans lesquelles ils s’emploient.

Les sur liquidités volatiles, flottantes et abondantes sur les marchés financiers internationaux ne peuvent que profiter des facilités offertes par les nouvelles normes comptables et alimenter encore plus les phénomènes d’instabilité financière mondiale. L’évaluation d’actifs financiers au cours du jour boursier conduit à faire dépendre les bilans et donc la situation financière des entreprises des fluctuations boursières dont on sait qu’elles peuvent être considérables et résultent souvent d’aléas fondés sur des anticipations hasardeuses, quand il ne s’agit pas de rumeurs sans fondements. Le mimétisme des investisseurs institutionnels aidant, ces évaluations peuvent conduire à des amplifications (à la hausse ou à la baisse) susceptibles d’induire en erreur de petits porteurs peu au fait des tribulations comptables. Les normes comptables internationales apparaissent comme accompagnatrices des politiques libérales qui se mettent en place.

L’application de la « juste valeur» éloigne les possibilités de mesure des productions et des échanges ; elle rend plus difficile les analyses (critiques) qui cherchent à retrouver la genèse de l’économie capitaliste à travers la formation de la valeur, du profit et de sa répartition (Mangenot, 2005). Pire, selon J. Richard (2005), les normes IFRS généralisent une conception actuarielle de l’évaluation comptable, née aux Etats-Unis dans les années 80.

La valeur de rendement a tendance à remplacer la valeur de marché, ce qui constitue une véritable révolution, notamment pour la comptabilité française qui arrive ainsi à admettre un bénéfice potentiel sur des actifs immobilisés à long terme non destinés à la vente (ce qui est le cas, tout au moins aujourd’hui, pour le goodwill et les actifs financiers) ; la plus grande novation étant qu’on puisse déterminer un bénéfice potentiel sans aucune référence directe au marché, mais en actualisant des cash flows générés par des actifs dans le cas où ceux-ci ne peuvent être évalués par un marché. J. Richard en conclut que cette tendance est l’expression d’un capitalisme de plus en plus pressé qui veut voir apparaître les résultats au début du cycle d’investissement indépendamment du rythme de progression des ventes.

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